- Un cas concret
- La politique française : eugénisme économique et paresse intellectuelle
- Un traitement qui contraste avec celui réservé au travailleur solitaire
Un cas concret
Une personne au RSA veut entreprendre : comment réagit l’état ?
L’état ne l’aidera pas.
Au contraire, il la mettra tout simplement en danger, tant d’un point de vue financier que mental.
Des institutions incapables de capitaliser sur la bonne volonté de l’aspirant entrepreneur
je vais prendre le cas concret d’une personne qui souhaite entreprendre dans le commerce en ligne.
Cette personne ne va se voir proposer aucun rendez-vous par France Travail pendant la durée de son inscription.
Il se verra ensuite proposer un entretien à la chambre de commerce et de l’industrie par le département.
Un entretien totalement impréparé par la CCI où on lui proposera… de l’aider à monter un dossier auprès de l’ADIE pour obtenir un prêt avec un TAEG de 20%.
Un mépris des institutions
Proposer des rendez-vous inutiles en connaissance de cause…
Non content d’être incapable d’aider, le département du Loiret va s’acharner à lui proposer des rendez-vous inutiles.
… puis faire des économies en utilisant pour excuses des rendez-vous refusés
Face à son refus de perdre du temps de travail avec des rendez-vous inutiles, l’autoentrepreneur qui touchait 125€ de RSA se verra même… retirer son droit au RSA.
L’état dresse un mur face au pauvre qui veut travailler seul
Le message de l’état est sans appel : n’essayez pas d’entreprendre.
« Prenez vos aides ou travaillez pour une entreprise : l’entreprenariat ce n’est pas pour les pauvres.
Nous sommes convaincu que vous vous allez échouer.
Mais si vous voulez quand même y aller, nous serons heureux de réaliser des économies en diminuant vos aides. »
Des URSSAF sans discernement
On pourrait aussi évoquer l’URSSAF qui est d’une agressivité excessive : un autoentrepreneur qui lui doit 75€ et peine à survivre se voit immédiatement menacé d’une procédure de recouvrement au bout de 10 jours de retard + des pénalités.
Tout cela est violent et décourageant pour celui qui se sacrifie déjà tant pour créer.
Une punition financière
C’est un savant calcul entre réduction du RSA/URSSAF/prime d’activité et gain/charges de l’autoentreprise.
Mais cela se résume vite : dans la majorité des cas, l’autoentrepreneur qui touche le RSA va voir ses aides baisser plus vite que les bénéfices de son entreprise monter.
Autrement dit, il gagnerait tout simplement plus d’argent en ne faisant rien qu’en entreprenant.
La politique française : eugénisme économique et paresse intellectuelle
Les arbitrages entre grandes entreprises et travailleurs indépendants
La tendresse de l’état envers les grandes entreprises
Une grande imagination pour trouver des aides…
CICE, baisse de cotisation sur les apprentis, etc. L’imagination pour aider les grandes entreprises ne semble pas avoir de limites.
…qui permettent aux actionnaires de s’enrichir davantage
Toutes ces aides ne semblent cependant n’avoir permis qu’une chose : augmenter les dividendes des actionnaires.
En effet, les grandes entreprises ne se soucient plus d’innover : leur priorité est d’extraire de la valeur.
L’exemple caricatural du CICE
Cela devient ridiculement visible dans le cas du CICE. Une aide à la recherche donnée sans aucun contrôle, et qui a eu pour conséquence principale d’augmenter les gains des actionnaires.
Un traitement qui contraste avec celui réservé au travailleur solitaire
S’il existe bien une idée en économie selon laquelle investir sur les grandes entreprises générerait plus d’activité économique qu’investir sur les micro-entrepreneurs, elle doit cependant être interprétée avec un minimum de discernement.
Imaginer une économie sans travailleurs indépendants ou mis à la marge est une idée aberrante.
L’innovation vient souvent d’une personne seule plutôt que d’une grande organisation.
Certes, c’est un pari beaucoup plus incertain et risqué.
Mais en misant trop sur ceux qui ne vivent plus que pour extraire de valeur et en pénalisant ceux qui veulent créer, on régresse.
